Chine

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Yan Pei-Ming naît à Shanghai en 1960. Peintre officiel au ministère chinois de la propagande sous le régime maoïste, il décide en 1980 d’émigrer en France où il étudie à l’École des beaux-arts de Dijon. Sans argent, le jeune homme ne parle pas un mot de français. Pour payer ses études, Ming travaille comme serveur dans un restaurant : « Il fallait être rapide et mobile. J'ai commencé à peindre de cette façon, rapidement, violemment, intensément. Comme une exécution. Je n'ai jamais fait des choses fignolées. Je peins, c'est quelque chose d'incontrôlable ». Il réussit depuis à se maintenir dans la position improbable d’un artiste qui, tout en s’étant parfaitement assimilé à la scène occidentale de l’art contemporain demeure irréductible aux seules catégories de cette scène. Il peint des visages en gros plan et réalise des portraits-robots, des têtes de Mao, des portraits de son propre père, des Bruce Lee, des autoportraits, des anonymes, des crânes... Yan Pei-Ming est d'abord un portraitiste, qui s'intéresse à l'actualité : il réalise des portraits du financier escroc Bernard Madoff, de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, de l'humoriste Coluche, du président américain Barack Obama et du sénateur John McCain. Ming proportionne ainsi, à l’intérieur du genre européen du portrait, ses tableaux aux dimensions de la peinture de propagande. Les « 108 Brigands » constituent pour l’heure son grand œuvre. Exécutée durant son séjour à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) en 1993, cette série de 120 portraits se réfère à un classique de la littérature chinoise, le roman épique « Au bord de l’eau » qui conte en 120 chapitres les forfaits de 108 brigands. Ming a souvent parlé d’anti-portraits à propos de ces peintures de visages.