France

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Le peintre français Maurice Utrillo, né Maurice Valadon, naît le 26 décembre 1883 à Paris. Lorsque Suzanne Valadon, le lendemain de Noël 1883, vers 13 heures, mit au monde, 10, rue du Poteau, au pied de la Butte Montmartre, l’enfant qu’elle prénomma Maurice, on ne sait si ce fut pour elle un soulagement ou un fardeau. Maurice Utrillo, c’est d’abord une naissance illégitime à Montmartre, tout comme sa mère la peintre qui fut en plus le modèle de Toulouse-Lautrec, Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Vincent van Gogh et de bien d'autres peintres montmartrois dont elle aurait été parfois la maîtresse. Quant au père, est-il un de ceux qui sont passés dans la vie plutôt orageuse de cette femme ? A moins que ce ne soit réellement ce Miguel Utrillo y Morlius, architecte, peintre, décorateur et critique littéraire catalan qui accepte, peut-être par simple bonté d’âme, de reconnaitre l’enfant et de lui donner la première partie de son nom. Utrillo, c’est une lourde hérédité, comme il y en a dans des personnages d’Emile Zola traduite par un alcoolisme aussi précoce que tenace. Crises nerveuses et accès de folie d’origine éthylique, séjours en maison de santé et tentatives de suicide. Des violences, conduisant leur auteur irresponsable au poste de police….. Ou c’est du moins, après un court essai de travail dans une banque, qui se termine mal, une vie de bohème ayant pour théâtre favori les bistrots de Montmartre et pourtant aussi pour cadre paradoxal, pendant quelques étés, un château sans confort dans la région lyonnaise. C’est l’exploitation du talent par un marchand rapace, puis le succès vite dilapidé par la boisson. Utrillo, c’est un attachement passionné pour sa mère, perturbée dans ses relations amoureuses, pourtant assez lointaine, qui ne craindra pas de prendre pour amant le meilleur ami de son fils, André Utter – de vingt ans plus jeune qu’elle – avant d’en faire son second mari… C’est un baptême tardif qui n'aboutiras et débouchera sur une foi sincère. Mariage inattendu avec la veuve d’un banquier belge; motif de jalousie pour la mère, mais aussi source de réconfort pour l’âme blessée du peintre. Voilà résumée à grands traits - il y a maintes biographies qui en font connaître le détail - cette vie qui semble à beaucoup d’égards avoir été tracée par le destin comme une démonstration de la misère humaine… Alcoolique ? Fou ? Génie en quête de soi ? Quelle étiquette – s’il en est besoin d’une – encoller sur Utrillo ?... » Toujours est-il que le fils comme la mère ressortissaient d’un atypique lignage : nés tous deux d’un père anonyme, ils allaient hériter de cette ascendance incertaine et payer le lourd tribut que levait la société bien pensante sur ce genre de manquement à l’ordre. La légende que ces personnalités extrêmes ont engendrée sur le terreau mythique de la Butte a empreint d’une matière incontournable l’histoire de l’art. Maurice Utrillo meurt le 5 novembre 1955 à Dax.