Les Lavallée


Chronique familiale de l’ancêtre Isaac Étienne Paquet-dit Lavallée

Cette généalogie a été préparée en collaboration avec le généalogiste Jean-Jacques LEBEAU

L’histoire d’Isaac Étienne et de ses descendants a été établie sur 12 générations.

Suivant le généalogiste Tanguay, il y eut au moins sept Français, qui sont venus s’établir au Canada au XVIIe siècle, à porter le nom de Pasquier qui se changea ensuite en Pasquet, puis Paquet ou Pâquet et Paquette. Quatre d’entre eux ont laissé une descendance mâle au pays. Ce sont: Méry Pasquier, Etienne Pasquier, Isaac Pasquier dit Lavallée et Philippe Pasquier.  

Né vers 1636, Isaac Pasquier dit Lavallée est le fils de Mathurin Pasquier (aussi connu sous les noms de Paquet, Ignace Paquer, Pasquet ) et de Marie Frémillon, de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de la ville de Montaigu, en Vendée, au pays de la Loire. 

Isaac a un surnom qui est un sobriquet aux armées. En 1665, il a 25 ans lorsque soldat de la Compagnie La Motte du régiment de l’Estrade (Carignan), il embarque à la Rochelle, le 13 mai, sur l’Aigle d’Or de Brouage et arrive à Québec, trois mois plus tard, le 19 août. Le bateau avait mouillé à Tadoussac depuis le 8 août et des pilotes autorisés par le sieur de Tracy le naviguèrent finalement jusqu’à Québec.   

À son arrivée, la compagnie est appointé le long du Richelieu, afin de construire des routes et les forts St-Louis (Chambly) et Ste-Thérèse. Plusieurs soldats tombent malades à cause de la pluie, du froid et de la mauvaise nourriture. On n’avait pas de marmite pour faire cuire le lard et un peu de potage. Le 22 octobre, le capitaine La Motte emploit ses hommes à la construction du chemin reliant le fort Ste-Thérèse au lac Champlain, puis revient à Québec pour ses quartiers d’hiver.

En septembre 1667, la guerre éclate contre les Iroquois et 700 soldats (dont Isaac), 400 habitants et 100 amérindiens alliés participent à l’opération. Ils réussissent à repousser les sauvages. La venue en Nouvelle-France du régiment de Carignan freine considérablement les incursions iroquoises et la nomination de Jean Talon en qualité d’intendant donne une impulsion sans précédent à la colonisation. Il en résulte un climat de stabilité qui attire de nouveaux contingents de colons dans la vallée du Saint-Laurent. 

À l’automne de 1668, 24 compagnies sont dissoutes, dont celle d’Isaac. Ce dernier décide de rester en Nouvelle-France et s’enrôle à nouveau et fait partie de quatre nouvelles compagnies de 75 soldats qui seront soldées par l’État.  

Isaac fréquente une jeune fille du nom de Elisabeth Meusnier, fille de Mathurin et de Françoise Fafard. Élisabeth est née à Québec le 17 février 1656 et baptisée le 13 mars de la même année, à Notre-Dame de Québec. Les parents d’Élisabeth sont originaires de Clermont-Créans, Sarthe; Pays de la Loire et leur mariage le 3 novembre 1647 fut le premier mariage français célébré à Montréal, fondée en 1642 par le sieur Chomedey de Maisonneuve.

Le 13 avril 1670, ils s’engagent par contrat de mariage devant le notaire Paul Vachon dit Pomerleau. Isaac et Élisabeth se marient le 30 juin 1670 en la paroisse La-Visitation-de-Notre-Dame, à Château-Richer, Montmorency, Nouvelle-France, près de Sainte-Anne de Beaupré. Ils auront 14 enfants, dont 7 filles et 7 garçons.  

Au recensement de 1681, Isaac Pasquier est établit dans la paroisse de Saint-Laurent de l’Ile d’Orléans. Vivent avec Isaac à ce moment-là : Élisabeth Meunier, Marguerite Paquet, François Paquer, Antoine Paquer, Élizabeth Pasquet et Charles Paquet.

Isaac décède dans la même paroisse et est inhumé le 18 juin 1702. Élisabeth Meunier vit encore le 24 janvier 1708. Elle décède le 10 avril 1714 dans la même paroisse St-Laurent de l’île d’Orléans. 

Comme il est arrivé fréquemment, au cours des générations, plusieurs branches de la famille ont adopté le surnom de « Lavallée » ignorant, avec le temps, que leur vrai patronyme est Pasquet et Pasquier. Le Révérend Père Lavallée, rédemptoriste de Ste-Anne de Beaupré, a compilé toute la généalogie de la famille Paquet-Lavallée dans un manuscrit « Les Paquet, une grande famille authentiquement poitevine ».  

Beaucoup des descendants des Paquet dit Lavallée ont joué un rôle important dans nos sociétés, car ils furent nombreux. Je me permets de n’en mentionner que deux. Le premier est Calixa Lavallée, le compositeur de l’hymne national canadien « O Canada ». Le second, l’un des plus brillants musiciens de son temps, et père de Calixa, Jean-Baptiste-Augustin Paquet dit Lavallée qui fut son premier maître.

Claude Dupras