Wilfrid et Marie-Anne, page 5


Camilien Houde est élu maire de Montréal en 1929. Député conservateur à l’Assemblée législative du Québec depuis 1889, bon tribun, haut en couleur, courageux, fin, sensible aux problèmes des Canadiens-français et près du pauvre monde, le nouveau maire est très populaire et devient le premier magistrat d’une ville qui compte 819,000 habitants dont 114,700 sont d’origine autre que française ou anglaise. Les Juifs et les Italiens forment les groupes ethniques les plus importants. Pour combattre la crise, il utilise les fonds du «programme d’aide aux chômeurs» et lance des projets de travaux publics d’envergure pour créer des emplois. Ainsi sont bâtis, entre autres, le Chalet de la Montagne , le Jardin Botanique, et les «camiliennes», ces toilettes publiques construites, dans les parcs, avec une architecture imposante, adaptée au milieu environnant. Pendant ce temps, la bourgeoisie abandonne les vieux quartiers devenus moins huppés pour les nouveaux développements. Les anglophones choisissent Westmount et les francophones, Outremont.

Charles-Émile maintient ce rythme jusqu’au moment où l’amélioration de sa situation financière lui permet de louer un logement près de son travail. Il déniche le 345 de la rue St Philippe à St Henri, au troisième étage d’une maison de cinq logements. Marie-Anne et sa sœur Albertine l’aident et trouvent, chez la parenté, les meubles essentiels pour lui permettre d’y vivre convenablement. Sa nouvelle indépendance le rend très heureux.

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