1937-38


1937-38 (Eddie Shore; La guerre; D√©c√®s de Cecil Hart; Les trois ¬ę¬†S¬†¬Ľ; Nouvelle √®re pour le Canadien; 23 parties sans d√©faite; 28 joutes sans √©chec chez eux; Retraite des Americans; 50 parties; D√©c√®s du pr√©sident Calder; Le temple de la renomm√©e; La ligne rouge au centre).

Des √©v√©nements importants se produisirent √† la fin de la saison 1937-38, de m√™me qu’apr√®s. Mentionnons tout de suite la conqu√™te de la coupe Stanley par le Chicago ainsi que la retraite des Maroons de Montr√©al, qui √©taient entr√©s dans la Ligue en 1924-25. Une autre retraite, individuelle celle-l√†, apr√®s 16 brillantes saisons avec le Canadien, fut celle d’Aur√®le Joliat.

Les Canadiens termin√®rent la saison en 3e position, avec 49 points comme les Americans, mais ceux-ci avaient remport√© une victoire de plus, premier facteur pour d√©terminer la position des clubs dans le classement, en cas d’√©galit√©. En avant des Americans, dans la section canadienne, se trouvait le Toronto avec 57 points et, √† la fin du classement, il y avait les Maroons de Montr√©al avec 30 points seulement. Ces derniers √©taient donc √©limin√©s.

Dans la section am√©ricaine, le Boston √©tait en t√™te avec 67 points, suivi des Rangers avec 60. Le Chicago n’avait que 37 points, deux points seulement de plus Que le D√©troit. C’est dire Que le dernier club √† avoir droit de prendre part aux s√©ries de la coupe Stanley, le Chicago, √©tait vraiment en sixi√®me place du classement g√©n√©ral r√©el de toute la Ligue. C’est cependant cette √©quipe surnomm√©e ¬ę¬†miracle¬†¬Ľ qui devait remporter les honneurs de la coupe Stanley.

Dans la s√©rie contre le Canadien, celui-ci remporta facilement les honneurs de la 1re partie par 6 √† 4. A Chicago, le Canadien fut blanchi d√©cisivement par 4 √† O. A Montr√©al, dans la troisi√®me et d√©cisive partie, alors Qu’il restait moins de deux minutes √† jouer, le gardien du Canadien fut d√©jou√© et les chances se trouv√®rent √©galis√©es √† 2 √† 2. Apr√®s 11 minutes et 49 secondes de jeu suppl√©mentaire, le Chicago brisait l’√©galit√© et √©liminait le Canadien √† la grande consternation de tous les supporteurs qui remplissaient le Forum √† craquer et qui avaient compt√© sur une victoire certaine du Canadien, surtout avec le compte √† 2 √† 1 avec seulement une minute et 25 secondes de jeu, dans la derni√®re p√©riode.

Le Chicago n’avait pas fini sa s√©rie de ravages, sa s√©rie de chances, selon certains, car il arrivait toujours quelque chose pour favoriser les Black Hawks. Ces derniers r√©ussirent √† disposer des Americans par 1 √† 0 en 13.01 de temps suppl√©mentaire et par 3 √† 2, avec une victoire pour les Am√©ricans par 3 √† 1. Ces Americans avaient √©limin√© les Rangers dans trois dures parties dont deux n√©cessit√®rent du temps additionnel de 21 minutes et 25 secondes et 40 minutes et 40 secondes. Les comptes avaient √©t√© de 2 √† 1 et de 3 √† 2 pour les Americans et de 4 √† 3 pour les Rangers.

Dans la finale, le Chicago causa une surprise encore plus grande en disposant du Toronto qui avait √©limin√© le Boston dans trois parties cons√©cutives dans la s√©rie 3 de 5, soit par 1 √† 0, 2 √† 1 et 3 √† 2. Les premi√®re et troisi√®me parties avaient n√©cessit√© du temps additionnel. Dans la finale le Chicago gagna la 1re partie par 3 √† 1 ainsi que les 3e et 4e par 2 √† 1 et 4 √† 1 pour ne subir qu’une d√©faite, soit dans la 2e joute, par 5 √† l.

Le pilote de l’√©quipe ¬ę¬†miracle¬†¬Ľ √©tait Bill Stewart, un Am√©ricain, un ancien arbitre qui avait pris la direction des Hawks et qui les avait conduits aux plus hauts honneurs, √† sa premi√®re saison comme instructeur. C’√©tait la premi√®re fois qu’un Am√©ricain conduisait un club √† la coupe Stanley.

SEPT CLUBS

La saison de 1938-39 commença à sept clubs seulement, à cause du retrait des Maroons, dont les meilleurs joueurs, Cain, Ward, Gracie, Wentworth et Evans allèrent au Canadien.

Il fut d√©cid√©, n√©anmoins, que six des sept √©quipes prendraient part aux s√©ries de la coupe Stanley, √† la fin des activit√©s qui se termin√®rent comme suit: Boston, 74 points, Rangers, 58, Toronto 47, Americans 44, D√©troit 42, Canadien 39 et Chicago 32. Les Black Hawks furent donc les seuls √† ne pas prendre part aux classiques d’apr√®s la saison.

Les deux premiers clubs se disput√®rent les honneurs dans la s√©rie ¬ę¬†A¬†¬Ľ de 4 de 7. Cette s√©rie dura la limite et quatre joutes n√©cessit√®rent du temps additionnel, dont la derni√®re, qui se termina par la victoire du Boston par 2 √† 1 apr√®s 108 minutes.

Dans les s√©ries B et C le Toronto √©limina les Americans, le D√©troit eut raison du Canadien puis fut d√©fait par le Toronto dans la s√©rie D. La s√©rie Canadien-D√©troit n√©cessita trois parties, dont la derni√®re se termina par 1 √† 0 seulement, apr√®s 7 minutes et 47 secondes de temps suppl√©mentaire. Encore une fois, c’√©tait le D√©troit qui avait raison du Canadien.

Dans la finale, le Boston divisa les honneurs chez lui avec le Toronto, par 2 √† 1 et 2 √† 3 en suppl√©mentaire. A Toronto, cependant, les Bruins gagn√®rent par 3 √† 1 et 2 √† O. Dans la partie finale √† Boston, les Bruins s’assur√®rent la coupe Stanley par une victoire par 3 √† 1.

Faisons remarquer au sujet de cette saison que le Canadien eut un bel honneur, tout en terminant en 6e position du classement. En effet, un de ses joueurs, Tee Blake, finit en tête de tous les pointeurs avec 47 points dont 24 buts. Avec raison Toe Blake mérita le trophée Hart, accordé au joueur le plus utile à son club.

Toe Blake √©tait aussi choisi sur la 1√®re √©quipe d’√©toiles.

EDDIE SHORE

Dans cette √©quipe d’√©toiles, il y avait aussi Eddie Shore, un fameux joueur qui a brill√© pendant des ann√©es au plus haut point pour le Boston, avant d’aller terminer sa carri√®re avec les Americans de New York. Shore en √©tait alors √† son 7e choix dans la premi√®re √©quipe d’√©toiles. Il d√©tint le record, √† ce point de vue, jusqu’√† ce que Maurice Richard en vint √† √™tre choisi √©galement une 7e fois, le printemps dernier. Le ¬ę¬†Rocket¬†¬Ľ a √©t√© d√©sign√© six fois de suite, soit un record du genre. Shore a √©t√© choisi une fois dans la 2e √©quipe et Richard cinq fois.

LA GUERRE

Nous en arrivons maintenant √† la saison 1939-40. Nous la soulignons d’une fa√ßon sp√©ciale √† cause des √©v√©nements qui survinrent au d√©but de septembre 1939. Tout le monde sait que c’est alors que la deuxi√®me grande guerre s’est d√©clar√©e. Apr√®s une courte h√©sitation, les dirigeants de la Ligue Nationale d√©cid√®rent de ne pas l√Ęcher, pas tout de suite, en tout cas. L’expression qui servit dans le temps fut la formule anglaise bien connue: ¬ę¬†Carry On:’

D√ČC√ąS DE CECIL HART

Quelques semaines avant la saison 1939-40 d√©c√©dait √† Montr√©al Cecil Hart, qui s’int√©ressait au hockey et au baseball depuis 35 ans, et qui avait √©t√© associ√© √† la direction des Canadiens et des Maroons pendant 20 ans. Le sport faisait donc une lourde perte √† laquelle on pense encore souvent. Vraiment, Cecil Hart fut un initiateur et un meneur et il a grandement contribu√© √† bien des succ√®s du Canadien, de 1921 √† 1939.

Sept clubs composaient encore la Ligue. Jules Dugal se trouvait avec le Canadien comme g√©rant g√©n√©ral et Pit L√©pine comme instructeur. Ce dernier avait √©t√© nomm√© apr√®s la mort tragique de ¬ę¬†Babe¬†¬Ľ Seibert, survenue dans le cours de l’√©t√©, peu de temps apr√®s son choix comme pilote du club montr√©alais.

LES TROIS ¬ę¬†S¬†¬Ľ

On sait que Siebert avait fait partie de la fameuse ligne dite des Trois S avec Hooley Smith et Nels Stewart. Ce dernier devait se retirer d√©finitivement de la Ligue Nationale, en 1940, soit apr√®s la saison dont nous allons parler, avec le remarquable record jusque-l√† de 324 buts dans les parties r√©guli√®res. Lors de la publication de notre premi√®re √©dition, nous disions que, dans le moment, il n’y avait qu’un joueur avec une chance de le d√©passer. Nous mentionnions avec raison Maurice Richard qui, avant le d√©but de la saison 1955-56, avait le formidable total de 422 buts √† son cr√©dit et il n’avait pas fini. Quant √† Hooley Smith, il devait se retirer apr√®s 17 ans d’activit√©s dans la Ligue Nationale, avec juste 200 buts √† son actif. Stewart et Smith ont toujours jou√© √† J’avant tandis que Siebert est pass√© √† la d√©fense, lorsqu’il fut achet√© des Rangers par le Boston. A sa derni√®re ann√©e avec le Canadien, il avait compt√© 140 buts dans sa carri√®re.

Cette saison 1939-40 fut aussi la dernière sous le régime Savard.

Ce fut une autre d√©sastreuse campagne. Le Canadien termina en toute derni√®re place du classement de sept clubs avec 25 points seulement, 9 de moins Que son plus proche concurrent, l’American de New York. Le Canadien avait pourtant bien d√©but√©, prenant part aux six premi√®res parties sans conna√ģtre une seule fois la d√©faite. Dans la suite, cependant, ce fut diff√©rent, le club montr√©alais n’obtenant des gains ou des parties nulles que fort rarement.

Les Bruins de Boston termin√®rent en t√™te de la Ligue avec 67 points, suivis des Rangers avec 64, du Toronto avec 56, du Chicago avec 52, du D√©troit avec 38 et des Americans et des Canadiens mentionn√©s tout √† l’heure.

Dans la s√©rie A, qui dura six parties entre les deux m√™mes clubs que l’ann√©e pr√©c√©dente, les Rangers √©limin√®rent le Boston, par 4 √† 0, 2 √† 4, 3 √† 4, 1 √† 0, 1 √† 0 et 4 √† 1. Ces m√™mes Rangers dispos√®rent en finale du Toronto par 2 √† 1 en suppl√©mentaire, 6 √† 2, 1 √† 2, 0 √† 3, 2 √† 1 en suppl√©mentaire et par 3 √† 2 en suppl√©mentaire √©galement, pour gagner la coupe Stanley. Le Toronto avait auparavant √©limin√© le Chicago par 3 √† 2, en suppl√©mentaire et 2 √† 1 ainsi que le D√©troit par 2 √† 1 et 3 √† 1. Le D√©troit, lui, avait dispos√© des Americans par 2 √† 1 en suppl√©mentaire, 4 √† 5 et 3 √† 1.

NOUVELLE √ąRE POUR LE CANADIEN

La saison 1940-41 devait √™tre le commencement d’une nouvelle √®re pour le Canadien. D’abord, la Canadian Arena Company reprenait la direction du club montr√©alais et faisait venir Dick Irvin de Regina. Ce dernier avait √©t√© pendant longtemps instructeur des Leafs de Toronto, apr√®s avoir rempli les m√™mes fonctions avec le Chicago, avec lequel il avait termin√© sa brillante carri√®re comme joueur, √† la suite d’une fracture du cr√Ęne. A Toronto, Irvin avait connu de beaux succ√®s, gagnant le championnat de la Ligue deux fois et la coupe Stanley une fois. Avec le Canadien, la t√Ęche √©tait lourde car il fallait r√©organiser, presque du tout au tout. Le fait est que Dick Irvin, qui √©tait second√© par Frank Patrick, g√©rant d’affaires, ne garda pour ainsi dire que Toe Blake. Il fit venir plusieurs joueurs de l’Ouest, dont Elmer Lach et Ken Reardon, qui devaient devenir de grandes √©toiles.

On sait que Dick Irvin fit tr√®s bien avec le Canadien. Il conduisit son club au championnat quatre saisons de suite pour √©galer un record pr√©c√©dent du Boston. En plus, en 1944, 1946 et 1953, il eut le grand honneur d’√™tre instructeur de l’√©quipe conqu√©rante de la coupe Stanley. On sait √©galement qu’au printemps de 1955, Irvin offrit sa d√©mission, qui fut accept√©e, et que Toe Blake fut d√©sign√© pour lui succ√©der. Irvin passait aux Black Hawks de Chicago.

23 PARTIES SANS D√ČFAITE

C’est au cours de cette saison que le Boston √©tablit le record de 23 parties cons√©cutives sans d√©faite, record qui tient encore. Ce record abaissait celui de 19 √©tabli, la saison pr√©c√©dente, par les Rangers, et celui de 18 que d√©tenait auparavant le Canadien, en 1927-28. Du 22 d√©cembre 1940 au 23 f√©vrier 1941, les Bruins gagn√®rent 15 fois et annul√®rent 8 fois. Apr√®s la d√©faite qui interrompit le record, les Bruins jou√®rent 8 autres parties sans √©chec. C’est dire qu’ils n’ont perdu qu’une seule fois en 32 parties.

28 JOUTES SANS √ČCHEC CHEZ EUX

Plus tard les Canadiens ont √©tabli un record du m√™me genre et mieux encore en jouant 28 parties de suite sans connaitre la d√©faite. Il s’agissait, toutefois, de joutes disput√©es √† Montr√©al, sur la glace du Forum. D’abord, dans la saison 1943-44, ils jou√®rent les 25 parties de la saison r√©guli√®re chez eux sans jamais perdre. Ils avaient gagn√© 22 fois et annul√© 3 fois. Ils avaient commenc√© leur s√©rie de 28 parties sans √©chec, le 13 mars 1943 pour ne la terminer que le 2 novembre 1944.

Le Canadien termina la saison de 1940-41 en 6e position avec 38 points, en avant des Americans qui en avaient 27. C’est dire que le Tricolore s’√©tait qualifi√© pour prendre part aux s√©ries de la coupe Stanley. Le Boston avait fini en t√™te avec 67 points suivi du Toronto avec 62, du D√©troit avec 53, des Rangers avec 50, du Chicago avec 39.

Dans les s√©ries, le Canadien perdit contre le Chicago dans la 3e partie d’une s√©rie de deux de trois. Le Tricolore avait perdu la 1√®re par 2 √† 1, il avait gagn√© la 2e par 4 √† 3, apr√®s 34 minutes et 4 secondes de temps suppl√©mentaire, et dans la 3e, le Chicago vainquit par 3 √† 2. Le Boston gagna la coupe Stanley, cette ann√©e-l√†, en battant le D√©troit en 4 parties cons√©cutives, dans la s√©rie finale par 3 √† 2, 2 √† 1, 4 √† 2 et 3 √† 1. Le D√©troit auparavant avait √©limin√© le Chicago par 3 √† 1 et 2 √† 1 en suppl√©mentaire, ainsi que les Rangers par 2 √† 1 en suppl√©mentaire, par 1 √† 3 et par 3 √† 2. Dans la 1re s√©rie entre le Boston et le Toronto, les Bruins avaient gagn√© en 7 parties par 3 √† 0, 3 √† 5. 2 √† 7, 2 √† 1, 1 √† 2 en suppl√©mentaire, 2 √† 1 et 2 √† 1.

* * *

En 1941-42, le Canadien se gagna de justesse une place dans les s√©ries de la coupe en finissant en sixi√®me position avec 39 points obtenus gr√Ęce √† 18 victoires et 3 parties nulles. En t√™te se trouvaient les Rangers avec 60 points, suivis du Toronto avec 57, du Boston avec 56, du Chicago avec 47, du D√©troit avec 42. Les Americans, qui devaient annoncer leur retraite de la Ligue ou la suspension de leurs activit√©s, √©taient en derni√®re position du classement avec 35 points seulement avec 16 victoires et 3 parties nulles.

Encore une fois, ce fut le D√©troit qui √©limina le Canadien. La premi√®re partie, √† D√©troit, se termina par une victoire de 2 √† 1 sur le club montr√©alais. Dans la 2e joute, ce fut un triomphe pour le Canadien avec cinq buts contre aucun. On croyait vraiment que le Tricolore l’emporterait mais dans la 3e partie, √† D√©troit, les Red Wings gagn√®rent facilement en triplant le compte par 6 √† 2.

Ce m√™me club D√©troit, dans la s√©rie suivante, √©limina facilement Je Boston en deux parties par 6 √† 4 et 3 √† 1. Dans la finale, cependant, les Red Wings furent √©limin√©s par le Toronto qui avait dispos√© des Rangers par 4 victoires √† 2 soit par 3 √† 1, 4 √† 2, 0 √†3, 2 √† 1,1 √†3 et 3√†2. Il fallut cependant sept parties aux Leafs pour disposer du D√©troit. C’est dans cette s√©rie √† la limite que le Toronto se distingua sp√©cialement. Les Leafs perdirent les trois premi√®res joutes par 2 √† 3, 2 √† 4, 2 √† 5, et tout le monde pensait que le D√©troit l’emporterait en quatre parties. Mais on avait calcul√© sans l’esprit combatif des Leafs sous la direction de Happy Day, qui avait remplac√© Dick Irvin. La 4e joute se termina par une victoire de 4 √† 3 pour les Leafs, √† D√©troit. Les Leafs gagn√®rent √©galement la 5e, √† Toronto par 9 √† 3, de m√™me que la 6e √† D√©troit, par 3 √† 0. Dans la 7e et derni√®re, les Leafs r√©ussissaient √† l’emporter par 3 √† 1 devant leurs spectateurs enthousiastes et exub√©rants au Possible.

C’est dans la 4e partie de cette s√©rie que l’instructeur Happy Day laissa sur le banc un des meilleurs pointeurs de la ligue dans la saison. Drillon avait √©t√© hu√© dans les derni√®res parties, mais il fallait quand m√™me beaucoup de cran pour l’enlever de l’alignement et, par-dessus le march√©, lui substituer un jeune du nom de Don Metz. En tout cas, les √©v√©nements donn√®rent raison √† Day dont le club se mit √† gagner et continua de gagner, comme nous l’avons rapport√© pr√©c√©demment.

Dans la derni√®re joute, un record d’assistance pour une partie de hockey au Canada fut √©tabli lorsque 16,218 personnes furent pr√©sentes. Ce record fut abaiss√© par le Canadien, dans une partie r√©guli√®re, avec 16,318 spectateurs pr√©sents, le 16 novembre 1946.

RETRAITE DES AMERICANS

Au printemps 1942, les Americans, qui avaient pris le surnom de Brooklyn √† la place de New York, une couple d’ann√©es auparavant. avaient jou√© leur derni√®re partie.

La Ligue Nationale, toujours sous la direction du pr√©sident Frank Calder, ne comprenait donc que six clubs, tout comme aujourd’hui. On d√©cida √† l’automne que quatre clubs se disputeraient la coupe Stanley dans des s√©ries de quatre de sept, le premier rencontrant le troisi√®me, le deuxi√®me faisant face au quatri√®me et les deux vainqueurs √©tant oppos√©s dans la finale de la coupe Stanley.

Le Canadien am√©liora son sort dans le classement et commen√ßa v√©ritablement son ascension qui devait le mener aux plus hauts honneurs, √† compter de l’ann√©e suivante, jusqu’en 1947-48. Le Tricolore termina en 4e position avec 50 points, juste un de plus que le Chicago qui se trouva √©limin√© avec les Rangers qui n’avaient obtenu que 30 points,

Le Canadien en √©tait arriv√© √† ses 50 points, gr√Ęce √† 19 victoires et √† 12 parties nulles. Le Chicago, en jouant 15 parties nulles, avait √©gal√© un ¬ę¬†record¬†¬Ľ des Canadiens, en 1928-29 avec la diff√©rence que dans cette saison mentionn√©e, le calendrier ne comprenait que 44 parties au lieu de 50.

Pour revenir aux parties nulles, disons que le ¬ę¬†record¬†¬Ľ est maintenant de 22 et qu’il a √©t√© √©tabli par le Toronto en 1954-55, dans un calendrier de 70 parties. Les Rangers ont annul√© 21 fois en 1950-51 en 70 parties √©galement.

50 PARTIES

Quant au total de 50 parties par saison, il avait été décidé pour la première fois avant le début des activités de 1942-43.

Le Canadien fut un opposant difficile dans sa s√©rie contre le Boston qui avait fini les activit√©s avec 57 points, 4 de moins que le meneur,le D√©troit et 4 de plus que le Toronto, en 3e position. A Boston, le 21 mars, le Canadien perdit par 5 √† 4 apr√®s 12 minutes et 30 secondes additionnelles. Le 23 mars, le Canadien √©tait encore vaincu, cette fois par 5 √† 3. A Montr√©al, deux jours plus tard, il s’agissait d’une autre d√©faite pour le Canadien par 3 √† 2 dans une p√©riode suppl√©mentaire qui durait 3 minutes et 20 secondes. Dans la 4e partie, le Canadien obtenait la victoire par blanchissage de 4 √† 0, mais il devait √™tre √©limin√© dans la 5e et derni√®re joute par 5 √† 4, mais non sans temps suppl√©mentaire, soit 3 minutes et 41 secondes. Malgr√© tout, dans toute la s√©rie, le Boston n’avait compt√© qu’un but de plus que le Canadien.

Dans l’autre s√©rie, le D√©troit avait √©limin√© le Toronto en six parties, par 4 √† 2, 2 √† 3 en suppl√©mentaire, 4 √† 2, 3 √† 6, 4 √† 2 et 3 √† 2 en suppl√©mentaire. La 2e joute avait dur√© 70 minutes et 18 secondes de temps suppl√©mentaire et avait donc √©t√© la 3e plus longue dans l’histoire de la Ligue Nationale jusque-l√†. La derni√®re partie avait n√©cessit√© 9 minutes et 21 secondes additionnelles.

Dans la finale, les Red Wings gagnèrent facilement sur le Boston, soit en quatre victoires consécutives par 6 à 2, 4 à 3, 4 à 0 et 2 à 0.

D√ČC√ąS DU PR√ČSIDENT CALDER

Le 4 f√©vrier 1943, la Ligue avait fait la lourde perte de son pr√©sident. Frank Calder √©tait tomb√© subitement malade, au cours d’une assembl√©e des gouverneurs, √† Toronto et il avait √©t√© transport√© d’urgence √† un h√īpital de Montr√©al, peu apr√®s. Frank Calder avait √©t√© le pr√©sident de la Ligue depuis sa fondation, en 1917. Il avait dirig√© les destin√©es du circuit avec la plus grande habilet√©, en passant par toutes sortes de difficult√©s et de probl√®mes. II avait √©t√© √† la t√™te des activit√©s pendant la premi√®re grande guerre, alors que le circuit fut r√©duit √† trois clubs. Il l’avait √©t√© √©galement lorsque la Ligue commen√ßa √† admettre des clubs am√©ricains pour en compter jusqu’√† la en tout, √† un moment. Au d√©but de la 2e grande guerre, il dirigeait encore le circuit, alors compos√© de sept clubs.

Son décès constituait une perte énorme pour la Ligue ainsi que pour le hockey en général, au développement duquel il avait tant contribué.

Mervin ¬ę¬†Red¬†¬Ľ Dutton, ancien joueur des Maroons et des Americans et ancien propri√©taire de ce dernier club, assistait √† l’assembl√©e de Toronto pendant laquelle Calder tomba malade. Il repr√©sentait les int√©r√™ts de la franchise des d√©funts Americans. On le choisit imm√©diatement pr√©sident temporaire et il devait √™tre nomm√© permanent, apr√®s le d√©c√®s de Frank Calder.

Dutton resta en fonctions jusqu’en septembre 1946, alors qu’il fut remplac√© par le pr√©sident actuel Clarence S. Campbell. Ce Campbell √©tait bien connu dans la Ligue. Il avait √©t√© arbitre avant la guerre. Pendant les hostilit√©s, il avait servi dans les forces arm√©es et il avait obtenu les honneurs du grade de lieutenant-colonel. Il fut ensuite l’un des avocats dans les proc√®s des criminels de guerre d’Allemagne. Clarence S. Campbell est encore en fonctions.

LE TEMPLE DE LA RENOMM√ČE

Le 10 septembre 1943, une assembl√©e tenue √† Toronto groupait les repr√©sentants de la Ligue Nationale, ceux de la Canadian Amateur Hockey Association, et d’autres dirigeants du hockey professionnel et amateur du Canada et des √Čtats-Unis. A la suggestion du conseil de ville de Kingston, Ontario, cette ville fut choisie comme site du Temple de la Renomm√©e du hockey, un √©difice destin√© √† perp√©tuer la m√©moire d’hommes qui ont tant fait pour d√©velopper, au point de vue national et international, le grand sport d’hiver du Canada, le hockey.

Peu de temps apr√®s, on annon√ßait des premiers choix que l’on devait faire suivre par d’autres. Nous vous donnons, ici, la liste compl√®te des joueurs et des b√Ętisseurs ou initiateurs, telle que publi√©e r√©cemment:

Joueurs: GEORGES VEZINA, HOWIE MORENZ, Hobart A, H. Baker, Harvey Pulford, Eddie Gerard, Frank McGee, Bad Stuart, Charles R. ¬ę¬†Chuck¬†¬Ľ Gardiner, Tom Philips, Aubrey Victor ¬ę¬†Dit¬†¬Ľ Clapper, Lester Patrick, Frank Nighbor, Edward William Shore, AURELE JOLIAT, Frank Wellington ¬ę¬†Cyclone¬†¬Ľ Taylor, Russell Bowie, Arthur H. Ross, Donald Bain, EDOUARD-CHARLES ¬ę¬†NEWSY¬†¬Ľ LALONDE, JOE MALONE, Allan ¬ę¬†Scotty¬†¬Ľ Davidson, Charles Graham Drinkwater, Mike Grant, Silas ¬ę¬†Si¬†¬Ľ Griffis. George Richardon, Harry J. Trihey, R. R. ¬ę¬†Dickie¬†¬Ľ Boon. Frank ¬ę¬†Moose¬†¬Ľ Goheen, Ernest ¬ę¬†Moose¬†¬Ľ Johnson, Duncan ¬ę¬†Mickey¬†¬Ľ Mackay, William O. ¬ę¬†Bill¬†¬Ľ Cook et Nelson Stewart.

Initiateurs ou b√Ętisseurs: Lord Stanley of Preston. G.C.B., Sir Montague Allan, C.V.O., Frank Calder, John Ross Robertson, William A. Hewitt, Francis Nelson, William M. Northey, Claude C. Robinson, capitaine James T. Sutherland et Frank Patrick.

LA LIGNE ROUGE AU CENTRE

Avant la saison 1943-44, on apporta aux r√®glements le changement le plus important depuis des ann√©es. On exigeait une ligne de couleur rouge au centre de la glace. A l’avenir, on permettrait √† un club d√©fensif de passer en avant jusqu’√† la ligne rouge. Il s’agissait d’une mesure qui offrait l’avantage d’un d√©blaiement rapide tandis qu’elle augmentait encore l’allure du jeu. Outre cette ligne rouge, on tra√ßait aussi des cercles de dix pieds de diam√®tre, de chaque c√īt√© des filets, avec un point au centre pour la mise au jeu quand il y avait hors-jeu pr√®s de l’extr√©mit√© de la patinoire. Aucun joueur n’avait la permission de p√©n√©trer dans le cercle avant la mise au jeu entre les deux joueurs de centre. D’autre part, on allongeait la ligne rouge des filets sur toute la largeur de la patinoire pour changer quelque peu le r√®glement du ¬ę¬†icing¬†¬Ľ de la rondelle ou, en fran√ßais, de l’envoi de la rondelle √† l’autre bout. Jusque-l√†, il n’√©tait pas permis √† un joueur d’envoyer d√©lib√©r√©ment la rondelle de sa zone √† une ligne √† 28 pieds des buts, √† moins que son √©quipe ne mt priv√©e d’un joueur ou plus pour cause de punition.

* * *

Avant la saison, on publia un tableau d√©montrant l’effort de guerre par les joueurs de la Ligue Nationale. Depuis le d√©but des hostilit√©s, 177 joueurs du circuit majeur s’√©taient joints aux forces arm√©es.