les Dupras


Chronique familiale de l’ancĂŞtre Jean-Robert DUPRAC

L’ancĂŞtre Jean-Robert DUPRAC est le fils lĂ©gitime de Jacques DUPRAC, MaĂ®tre-sculpteur et de Françoise LAMOUREUX qui se marièrent Ă  Saint-Porchaire de Poitiers, Poitou, Vienne, France, le 22 septembre 1641. Jean-Robert est baptisĂ© dans la mĂŞme paroisse le 12 octobre 1642. Jean-Robert sera maçon, notaire.

ArrivĂ© en Nouvelle-France en 1673, l’ancĂŞtre de la famille de Claude DUPRAS, Jean-Robert DUPRAC, Ă©crit son nom avec un « c Â». Ă€ la 6ième gĂ©nĂ©ration, en 1828, le « c Â» devient un « t Â» pour DUPRAT. C’est le grand-père de Claude, Wilfrid nĂ© en 1869, et ses congĂ©nères, qui utiliseront  un « s Â» au lieu du « t Â» pour leur lignĂ©e de DUPRAS.

Cette gĂ©nĂ©alogie a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e en collaboration avec le gĂ©nĂ©alogiste Jean-Jacques LEBEAU, cousin de Claude.

L’histoire de Jean-Robert et de ses descendants a Ă©tĂ© Ă©tablie, ci-après, sur 11 gĂ©nĂ©rations.

En France, le 12 octobre 1642, dans la paroisse de Saint-Porchaire de Poitiers, Jean-Robert Duprac est baptisé par immersion dans le grand bassin du baptistère du village. Son père, Jacques, maître sculpteur et sa mère, Françoise Lamoureux, tous deux fervents catholiques, assistent fièrement au baptême, cérémonie publique à laquelle participent les familles et les voisins. Dès son jeune âge, sur les bancs de l’école et à l’église, Jean-Robert entend parler de la Nouvelle-France et des appels fréquents de l’Église pour y émigrer. Le nouveau roi de France depuis 1643 est un jeune garçon qui n’a que 9 ans en 1647, Louis XIV, le futur Roi-Soleil. De ce fait, le pays se trouve sous la régence d’Anne d’Autriche, assistée du Cardinal Mazarin.

Ses études terminées, Jean-Robert Duprac maîtrise le métier de maçon qu’il a appris de son père. Il reçoit une demande de l’Église qui le presse de partir en Nouvelle France où l’on a besoin de jeunes hommes comme lui. La mer lui fait peur. Qui plus est, il est attaché à son coin de pays et à sa famille. Mais le goût de l’aventure prend le dessus et, finalement, à 26 ans, il se décide à partir au tout début de l’été. Il fait ses malles et embarque au port de La Rochelle pour une nouvelle vie.

Lors de l’arrivée de Jean-Robert à Québec, en 1673, le nouveau Gouverneur de la Nouvelle-France est le comte de Frontenac, homme turbulent et, aux dires de plusieurs, intraitable, prétentieux, vaniteux, querelleur et vantard. Sa mauvaise réputation l’a suivi en Nouvelle-France, mais il n’est pas homme à se laisser impressionner et, étant donné que la charge de Gouverneur en fait le chef de l’armée et lui donne un droit de veto sur les décisions des autres officiels, il s’arroge les pleins pouvoirs, au mépris de ceux de l’Intendant. Il se retrouve très vite en conflit avec la bourgeoisie dirigeante de la Nouvelle-France.

Jean-Robert aime son nouveau pays. Il s’y sent bien. Son métier le fait vivre et il est heureux. Surtout depuis qu’il a rencontré une jeune fille, Marguerite. Dès les premiers regards, il a ressenti un amour en devenir. Elle a 15 ans, est née à Québec et vit avec ses parents, Maître Paul Vachon et Marguerite Langlois, à Beauport, un petit bourg près de Québec. Me Vachon est notaire royal. Il agit comme procureur fiscal et notaire des Seigneuries de Beauport et de l’île d’Orléans. Jean-Robert et Marguerite s’aiment de plus en plus et tout compte fait Jean-Robert, prend son courage à deux mains et sollicite la main de la jeune Marguerite à son père. Le notaire y réfléchit longuement, car sa fille n’a pas encore 17 ans. Finalement, rassuré par la sincérité de Jean-Robert, son intelligence, son sens des responsabilités, son ardeur au travail et ses ambitions et après consultation avec sa femme, il accepte. Jean-Robert obtient du Seigneur Joseph Giffard un lopin de terre à la Seigneurie de Beauport sur lequel il se construit une petite maison de pierres. Le 6 janvier 1675, les amoureux se marient à Beauport devant le notaire Fillion de Beauport et s’installent dans leur maison. Il devient maçon pour la seigneurie. Ils auront 9 enfants, quatre filles et cinq garçons, dont Jean-Baptiste, qui naîtra en 1689.

Le recensement de 1681 Ă©tablit la population de la Nouvelle-France Ă  9,710 personnes et prĂ©cise que Jean-Robert et sa petite famille (il a deux enfants Ă  ce moment-lĂ ) possèdent « 5 bĂŞtes Ă  cornes et 2 arpents en valeur (c’est la terre ancestrale des Dupras) ». Petit Ă  petit, il fait son nid.

En 1685 et pour quelques années, Jean-Robert se retrouve conscrit dans la milice de la colonie pour aider à la construction de routes, de ponts et de fortifications (comme celle qui ceinture Montréal), car la Colonie, dont la population dépasse maintenant les 15,000 habitants, progresse rapidement. Il faut de nouvelles infrastructures pour assurer la sécurité, le transport des marchandises et la circulation des habitants entre Montréal et Québec, devenues de petites villes et Trois-Rivières où un village a été créé.

Le 4 aoĂ»t 1689, Ă  Lachine, près de MontrĂ©al, les Iroquois massacrent un grand nombre d’habitants sans dĂ©fense et dĂ©truisent plusieurs fermes. De plus, les Iroquois attaquent sans impunitĂ© car ils sont armĂ©s par les Anglais des colonies britanniques amĂ©ricaines qui les encouragent Ă  harceler la Nouvelle-France par tous les moyens. Le moral de Jean-Robert et de sa famille tombe Ă  son plus bas depuis leur arrivĂ©e dans cette terre promise.

Louis XIV en a assez des attaques et du dĂ©sordre qui se sont installĂ©s en Nouvelle-France et, face aux menaces grandissantes des Anglais, renomme Frontenac au poste de Gouverneur (Le roi l’avait rappelĂ© Ă  Paris, quelques annĂ©es plus tĂ´t). Celui-ci arrive Ă  QuĂ©bec en octobre 1689. Dès janvier 1690, il envoie trois groupes de guerriers pour attaquer les frontières de la Nouvelle-Angleterre et ils remportent un franc succès.

Ces victoires redonnent espoir à Jean-Robert qui en est ravi. Sa famille compte maintenant six enfants qui vont pouvoir continuer à grandir et prospérer en paix.

Le 19 aoĂ»t, Frontenac apprend que Sir William Phipps, rĂ©cemment nommĂ© Ă  la tĂŞte de la flotte anglaise, fait voile vers QuĂ©bec. Il arrive le 16 octobre, avec beaucoup de retard et s’installe face Ă  QuĂ©bec avec une trentaine de bateaux. Alors que le messager de Phipps vient le sommer de rendre la ville, Frontenac rĂ©pond par ces mots devenus cĂ©lèbres : « Je n’ai point de rĂ©ponse Ă  faire Ă  votre gĂ©nĂ©ral que par la bouche de mes canons et Ă  coups de fusils Â». Après trois jours de rĂ©sistance et un climat de plus en plus glacial, Phipps se rĂ©signe et rentre Ă  Boston. QuĂ©bec est sauvĂ©e !

De retour Ă  Beauport, Jean-Robert apprend de son beau-père que celui-ci veut lui apprendre la profession de notaire. Son Ă©ducation reçue en France aidant, il passe les annĂ©es qui suivent Ă  apprendre les lois françaises qui gouvernent la Colonie et, finalement, le 1er dĂ©cembre 1693, il est nommĂ© notaire et greffier de la Seigneurie de Beauport par le seigneur Joseph Giffard. Il succède aussi Ă  son beau-père comme notaire et greffier de la Seigneurie voisine de Notre-Dame-des-Anges.

Jean-Robert est notaire royal depuis 30 ans lorsqu’il prend sa retraite. Trois ans plus tard, il dĂ©cède Ă  l’âge de 79 ans, le 3 juillet 1726, Ă  Beauport. Marguerite l’avait prĂ©dĂ©cĂ©dĂ© le 24 juin 1703, atteinte de la petite vĂ©role. Ils sont inhumĂ©s au cimetière de Notre-Dame-de-Beauport.

Jean-Robert a Ă©tĂ© le notaire pour un très grand nombre de contrats de mariage dont plusieurs pour de nouveaux arrivants, devenux ancĂŞtres, en Nouvelle France qui ont crĂ©Ă© de nouvelles lignĂ©es de descendants. Il est, entre autres, notaire du contrat de mariage de Marie Gignard et Bertrand dit Pierre-Bertrand BĂ©langer le 2 fĂ©vrier 1694. De celui de Marie-Madeleine Magnand et Jean-Baptiste Marcoux le premier avril 1694. De celui de Marie Valade et Jacques Bayard le 22 novembre 1694. De celui de NoĂ«l Vachon dit Pomerleau et Monique Giroux le 23 octobre 1695. De celui de Marie-ThĂ©rèse Chevalier et Ă‰tienne Parent le 11 fĂ©vrier 1696. De celui de Rose Otis et Jean Poitevin dit Laviolette le 8 octobre 1696. De celui de Marie Magnan et Nicolas BĂ©langer le 9 octobre 1699. De celui d’AngĂ©lique SĂ©nard et Michel Baugis le 8 novembre 1699. De celui de Marguerite Delaunay et Pierre BĂ©langer le 5 fĂ©vrier 1700. Jean-Robert Duprac est tĂ©moin de l’inhumation de FĂ©licitĂ© Maillou le 10 fĂ©vrier 1703 Ă  Notre-Dame, Beauport. Il est le parrain de Marie-Élisabeth ToupinJean-Robert est le notaire du contrat de mariage de Louis PrĂ©vost et Marie-ThĂ©rèse Maheu le 7 juillet 1712.

Jean-Robert est prĂ©sent au mariage de Marie-Anne MĂ©nard et NoĂ«l Duprac le 4 juin 1715 Ă  Notre-Dame, Beauport et Ă  celui de Marie-Anne Bourbon et François Delamotte le 18 novembre 1715 Ă  Notre-Dame, Beauport. Jean-Robert est le notaire du contrat de mariage de NoĂ«l Vachon et Marie-Jeanne BĂ©langer le 8 janvier 1719. De celui de François Goulet et Marie-Madeleine BĂ©dard, le 12 octobre 1720. De celui d’Anne-Marguerite Turgeon et Claude Rancour le 21 aoĂ»t 1721. De celui de Marie-Jeanne Choret et Mathurin Morier le 16 novembre 1721. Après sa retraite en 1723. Jean-Robert est prĂ©sent au mariage de Marie Magdeleine Giroux et Germain Maillou le 25 avril 1724 Ă  Notre-Dame, Beauport, Seine-Maritime, QuĂ©bec.

Jean-Robert a Ă©tĂ© tĂ©moin des premiers jours de la Nouvelle-France et de sa croissance. Ă€ sa mort, la population de la Nouvelle-France approche les 35,000 habitants. Elle est devenue, dans son temps, un empire territorial immense, qui s’étend de Terre-Neuve au lac SupĂ©rieur et de la Baie d’Hudson jusqu’au Golfe du Mexique. Deux facteurs ont contribuĂ© Ă  son essor : son Ă©conomie centrĂ©e sur le marchĂ© de la fourrure plutĂ´t que sur l’agriculture et le fleuve Saint-Laurent, corridor navigable, qui permet de pĂ©nĂ©trer au plus profond du continent. Et, pour protĂ©ger et contrĂ´ler ses territoires, la Nouvelle-France s’est donnĂ©e un rĂ©seau de forteresses Ă©rigĂ©es aux endroits stratĂ©giques.

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