du 25 juin au 11 juillet


Pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle 1999 (suite)

Juin 25, Vendredi. L’idée de m’accompagner à Guernica a été abandonnée, le voiture n’est pas assez sûre pour effectuer le trajet. Je pense me rendre à St-Jean-de-Luz avec Maité et Anne-Marie. C’est jour de marché mardi prochain. De là de me rendrai à St-Sébastien à pied ou après consultation avec le bureau du tourisme de déciderai de la suite. Je viens de voir Anne-Marie et c’est bien correct pour mardi.

Juin 26, samedi. Journée de farniente, temps doux après averses de la nuit. Si j’ai perdu du poids en traversant les Landes, Marie-Claire s’est fait un devoir de me gaver pour récupérer les grammes perdus.

Juin 27, dimanche. 10h30 messe de profession de foi pour les paroissiens impliqués. J’y suis allé avec Victor. 17 communiants, église remplie comme un œuf, chants basques comme au temps de mon enfance. À croire que le temps s’est arrêté. Émouvant. Invité chez Bernadette à la plage à Biarritz. 11 à table. Temps maussade sur la côte 19°. Décision prise de prendre la route mardi. Liliane prévenue.

DĂ©penses: Bernadette 200F, messe 10F.

Juin 28, lundi. Estampille, Ministère de la culture, cloître de la Cathédrale.

Avec Jean qui m’a accompagné pour faire quelques courses, nous avons visité la cathédrale et le cloître. Nous avons ensuite été saluer Cathy Olharan. Je reprends donc le chemin demain et je suis fin prêt. Il me faudra négocier les moyens de transport pour Guernica et Vitoria.

Juin 29, mardi. Départ à 5h avec Maité et Anne-Marie. La pleine lune embellit le paysage. A 7h30, je prends le chemin de Hendaye après avoir pris un café au lait avec les filles. Il fait chaud et la route de la corniche est suffisamment accidentée merci. A Hendaye, je rentre dans un bar prendre un verre de blanc pour faire descendre le boudin que j’avais piqué par erreur dans le réfrigérateur au lieu du fromage et jambon de Bayonne que Marie-Claire m’avait préparé. Le blanc, je ne l’ai pas payé pas plus que trois autres, basques espagnols, partira avec eux. J’étais «pompette» mais très bien. Grâce à ces basques toutes mes appréhensions concernant mon excursion se sont évanouies. Ils m’ont tout simplement conduit au service d’autocar pour Bilbao avec instructions sur la façon de me rendre à Guernica où je me trouve et pense y passer 2 jours et je viens de louer une chambre pour deux nuits, pour pas cher, chez un basque nommé IRATXE.

Dépenses: petit-déjeuner 30F.

Juin 30, mercredi. Guernica (Gernika) en basque est une jolie ville pleines de surprises. Hier et aujourd’hui j’ai passé mon temps en visites de Musées dont celle qui grâce à un long vidéo et photos illustrant la ville avant et après le bombardement, qui réveille des souvenirs sur l’attaque préméditée et gratuite par la Légion Condor d’une ville ouverte. L’arbre, je devrais dire le chêne de Guernica et l’assemblée nationale sont émouvants. (envoi de documents à Liliane) et téléphone à Olivier. (Carte d’appel non acceptée).

Juillet 1er, jeudi. C’est aujourd’hui que je me dirige vers Vitoria-Gasteiz. Pour ce faire, je dois retourner à Bilbao et après une marche à travers la ville de 4km (la ville est immense et très moderne) prendre l’autobus d’une autre Cie pour me rendre à Vitoria. J’y serai sans doute dans l’après-midi et pense y passer aussi deux jours. Il fait chaud de ce temps-ci. 35° aujourd’hui et kif kif demain.

J’ai à peu près vu ce qu’il y avait à voir à Vitoria. Renseignement pris, je puis, si je ne rate pas le bus, dormir à Santo Domingo. Je cours m’acheter de quoi bouffer et comme tout a fonctionné à merveille, je me retrouve à Santo Domingo où je suis accueilli à bras ouverts par de gentilles hospitalières du refuge des pèlerins où il ne reste que peu de places. Douche, grande lessive et bonne nuit. Je prends le chemin de Compostelle demain matin.

Juillet 3, samedi. Il fait frais ce matin et l’hospitalière de service m’annonce que le temps devrait être supportable pour la marche. 35° avec brise continue. Étape de 21km qui me conduit à Belorado, ville que je connais pour y avoir passé il y a douze ans. 2h p.m. et fringale de fruits. J’achète et mange 3 gros abricots, 3 grosses poires et 3 bananes. Peu de pèlerin sur la route. J’en ai compté 14. Je couche ce soir dans la grande salle dortoir mise à la disposition des pèlerins par la commune. Demain Burgos.

Juillet 4, dimanche. Nous avions été prévenus : les 4 heures de montée par mauvaise piste des pentes de Villafranca devaient faire souffrir plusieurs d’entre nous. Ampoules, ligaments étirés, entorses, les attentions d’un toubib seront requises pour certains soins. Ce sera demain à Burgos. Après l’escalade d’aujourd’hui à San Juan de Ortega où il y avait un refuge et place pour tous. Première chose à faire après avoir hérité d’un plumard, s’y allonger et faire une sieste de récupération. Je m’en tire à bon compte, pas d’ennuis.

Juillet 5, lundi. San Juan de Ortega-Burgos, 22km. C’est ce que les guides indiquent. Il faut ajouter les 4km pour se rendre à la cathédrale (photo à gauche) et 2km pour se rendre au refuge. Mais une très belle et bonne journée. La cathédrale avec ses 2 flèches ravalées a fière allure mais l’intérieur et l’enceinte sont recouverts d’échafaudages. Visite rapide de la ville qui n’a pas changé depuis ma dernière visite et ensuite sieste d’une heure avant de souper. Demain, direction Hontanas.

Juillet 6, mardi. Les 29km pour se rendre à Hontanas ont fait des ravages parmi les pèlerins à pied, jeunes et vieux. J’ai les deux genoux endoloris et les mollets mollets. Parlons éreintant à travers un pays de collines sans arbres et une piste sans fin ravinée. Pas de bruit exception faite du chant de la caille et de l’alouette dans les champs de blé mur s’étendant à perte de vue. L’arrivée au refuge une vraie bénédiction. Je me suis couché comme la plupart de mes infortunés compagnons à l’arrivée. Somme d’une heure et me voilà requinqué. Personne n’a râlé lorsque la somme de 500 pesetas a été exigée pour coucher.

Juillet 7, mercredi. De Hontanas à Plobaciòn de Campos. 38km. Excepté pour une montée raide et une descente scabreuse d’une heure, excellente poussée de marche avec vent frais et en compagnie d’un couple de français (savoyards) et d’un jeune lyonnais dans l’après-midi (lunch partagé, pique-nique). Le matin j’ai été réquisitionné de bonne heure par le coyote, son oncle et le sourd qui m’ont adopté au crépuscule. Le coyote a la manie de pousser des cris pour attirer l’attention du sourd. Ciel d’un azur profond toute la journée. Petit déjeuner avec le trio mentionné.

Juillet 8, jeudi. Un retour en arrière. À la halte de Plobaciòn de Campos j’entre, la porte étant ouverte, et de toute évidence personne pour m’accueillir, un ameublement luxueux au salon d’entrée, 8 lits superposés très confortables et un sanitaire ultra moderne avec bain, douche à eau chaude. Quand, de nulle part surgit un grand gaillard à moitié endormi, un français d’Agen, très gentil, qui m’explique que la dame responsable habite 50m plus loin mais ne peut se déplacer pour cause de funérailles. Le jeune homme, qui possède une bible, insiste pour que je parte. Je mange avec lui les nouilles qu’il a préparées.

Jeudi donc. Il m’a fallu marcher 32km sous un soleil torride les trois dernières heures et sur une piste droite, plate et monotone pour enfin découvrir comme une apparition ou un mirage dans le désert le minuscule village tout blanc, éclatant de propreté où je suis accueilli par deux gentilles hospitalières bretonnes qui ont pris du service bénévole hier pour 15 jours. Il est 5h30 et vient de piquer un roupillon d’une heure. À part un petit resto qui sert un souper à prix fixe aux pèlerins et le soleil qui plombe, il n’y a rien à voir ici. Coup de soleil aux jambes.

Juillet 9, vendredi. De 6h30 à 11h30, 23km en 5 heures. Une bonne moyenne ! Je suis parti avec un couple de Suisses. Lui a pédalé à travers la Suisse et la France jusqu’à St-Jean Pied de Port où il a remisé son vélo et pris le chemin à pied. Sa femme l’a rejoint à Burgos par train. Soupé avec eux hier soir, très gentils. La marche a été dure pour elle et elle prend le car ce soir pour Léon alors que son mari et moi après la messe des pèlerins feront une dizaine de km de plus pour réduire la longueur de l’étape de demain et arriver après-demain dimanche à Léon en bon état. Tous les bobos transitoires aux jambes ont disparu. Je m’améliore en vieillissant.

Juillet 10, samedi. Les 10km avec Emmanuel (capitaine de réserve de l’armée suisse) ont été franchis en 2h¼ au pas cadencé. Très mal dormi. Un gros Brésilien de 200 kilos ronflant plein gaz et seul compagnon de chambre en était la cause. Heureusement le gîte et petit déjeuner étaient gratis. Beaucoup de Brésiliens sur la route, des personnes avec lesquelles on fraye facilement. Très chaleureux et généreux. Catherine partie par taxi pour Léon souffre de coups de soleil aux mollets et cuisses. Elle n’est hélas pas la seule. C’est la vie ! Beaucoup de pansements, compresses etc. sur le bord de la route. Aujourd’hui 28km. Couche dans un camping avec Patty, 2 Brésiliens sous la tente avec Hollandaise. Demain 20km pour se rendre à Léon.